Trois ans après l’exposition Chana Orloff. Sculpter l’époque, le musée Zadkine entend à nouveau faire redécouvrir l’œuvre d’une importante sculptrice du XXe siècle. Alicia Penalba (1913-1982), artiste de renommée internationale, est née en Argentine mais a fait l’essentiel de sa carrière en France. Le musée Zadkine, première institution en France à lui consacrer une exposition depuis sa mort, était tout indiqué pour rendre hommage à celle qui fit ses débuts, à Paris, à l’Académie de la Grande-Chaumière dans la classe de sculpture que dirigeait Zadkine. Alternant sections chronologiques et propos thématiques, l’exposition replace l’œuvre de Penalba dans le contexte artistique des années 1950-1960. Elle évoque les liens noués avec d’autres artistes, comme Zadkine bien sûr, mais aussi Brancusi, Picasso ou Matisse. Elle s’intéresse aux œuvres totémiques de Penalba, qui allient monumentalité et verticalité et mettent en avant le rôle de la nature comme moteur de la création – Penalba, marquée dans son enfance par les paysages argentins, ne cesse en effet de s’y référer pour inventer des sculptures aux formes biomorphiques évoquant des plantes désertiques.
L’intérêt d’Alicia Penalba pour les arts décoratifs, sa volonté de décliner sa sculpture dans différents médiums – céramique, tapisserie – et dans différentes tailles, du monumental à la miniature et au bijou, est l’autre fil rouge d’une exposition qui révèle une créatrice indépendante et talentueuse, qui a considérablement renouvelé son art.
Commissariat :
Cécilie Champy-Vinas, conservateur en chef du patrimoine, directrice du musée Zadkine
Frédéric Aubourg, psychiatre, auteur d'une monographie sur Alicia Penalba, avec la collaboration d'Anne-Cécile Moheng, attachée de conservation au musée Zadkine
